Urbanisme à Lapugnoy — Choisir la vision d'avenir plutôt que les postures de circonstance
Une commune se construit par une vision et des projets, pas par les peurs, les pétitions ou les oppositions de principe.
L'enjeu n'est pas ce que notre centre-ville était hier, mais ce qu'il devra être dans 10, 20 ou 30 ans.
D'un côté, certains souhaitent préserver l'existant (« l’esprit de notre village ») et redoutent les conséquences d'une densification : impact visuel, circulation, stationnement ou évolution du cadre de vie.
De l'autre, d'autres considèrent qu'un centre-ville vivant doit pouvoir accueillir de nouveaux habitants, soutenir les commerces de proximité et s'adapter aux besoins de logement d'aujourd'hui.
Ce débat est légitime. Il oppose deux conceptions de l'aménagement urbain qui peuvent être débattues. Mais ce débat arrive trop tard.
💸 Des milliers d'euros de deniers publics dépensés sans aucune alternative
Les procédures ont suivi leur cours, les recours ont été exercés, la justice administrative est intervenue et, pendant tout ce temps, aucune alternative crédible n'a été portée par la municipalité actuelle, pourtant opposée à la réalisation de ces logements en centre-ville.
Cette opposition s'est traduite par des postures, des déclarations tonitruantes ;
Des procédures contentieuses et par l'engagement d'avocats dont le coût a été supporté par les contribuables.
Au final, ce sont plusieurs milliers d'euros de deniers publics qui ont été mobilisés sans qu'aucune solution alternative.
Aucun projet concurrent et aucune vision d'aménagement concrète et différente n'aient été proposés aux punééens par le maire et son équipe.
Il est donc légitime de s'interroger sur la pertinence de cette stratégie et sur la bonne utilisation de l'argent public.
Une collectivité doit-elle gaspiller ses moyens à tenter de bloquer un projet conforme aux règles applicables, ou à construire des solutions et à préparer l'avenir de sa commune ?
⚖️ Débat d'opinion contre réalité juridique
Au-delà de cette vraie question, il ne faut pas confondre débat d'opinion et réalité juridique.
Les questions de stationnement, de sécurité, de circulation, d'intégration architecturale ou d'impact sur le voisinage font précisément partie des éléments étudiés lors de l'instruction d'un permis de construire. Certains semblent aujourd'hui les découvrir alors qu'elles ont été au cœur de l'examen du dossier.
Quant à l'éventualité d'une préemption, évoquée par certains, elle ne peut légalement servir à empêcher un projet privé. Elle supposerait l'existence préalable d'un véritable projet d'intérêt général, clairement identifié, financé, documenté et porté par la Commune avant même l'émergence de l'opération immobilière contestée.
Entre les craintes relayées sur les réseaux sociaux, les réactions émotionnelles, la signature d’une pétition et la réalité des faits, il existe une différence fondamentale : seules les règles de droit, les procédures et les décisions de justice produisent des effets concrets.
Le débat public mérite mieux que des peurs entretenues ou des postures de circonstance.
Une commune ne se construit pas à travers les rumeurs ou les réactions immédiates. Elle se construit par des choix réfléchis, une vision assumée et une capacité à préparer l'avenir plutôt qu'à le subir.
🛑 L'incohérence du refus systématique
Enfin, il est difficile de ne pas relever une certaine incohérence dans certaines oppositions actuelles. Beaucoup de ceux qui dénoncent aujourd'hui toute nouvelle construction résident dans des logements qui, en leur temps, ont eux aussi constitué des opérations nouvelles d'urbanisation. Ils bénéficient quotidiennement des équipements, des infrastructures et des services publics rendus possibles par une politique de développement assumée par les municipalités précédentes. Refuser systématiquement aux générations suivantes les possibilités d'installation dont on a soi-même profité revient à figer la commune dans une vision patrimoniale qui ne correspond ni à son histoire ni à ses besoins futurs.
Une ville ou un village vivant ne peut se concevoir comme un espace réservé à ceux qui sont déjà installés ; il doit également permettre à de nouveaux habitants de s'y établir et d'y construire leur avenir.

Chacun reste libre de son opinion. Mais l'histoire retiendra moins les pétitions, les commentaires ou les oppositions de principe que la capacité collective à faire preuve de hauteur de vue et à imaginer ce que devra être notre centre-ville dans dix, vingt ou trente ans.
Alain DELANNOY
Maire honoraire de Lapugnoy



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